Essai Awak: ITV se lâche

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Paru dans Vol Libre n°399

Essai Awak: ITV se lâche


… ” Avec les Awak 14, 16 et 18 m2, on serait dans le speed flying ? Ben non ! Pas du tout en termes de cahier des charges et de caractéristiques de vol. Ici, on est plutôt sur un concept de petit parapente. La performance est au rendez-vous. Le pilotage et les sensations se rapprochent de ce que l’on connaît en parapente, en accéléré. Priorité au vol et à l’utilisation de l’aérologie.
L’Awak est en skysilk de 35g/m2 suspentée en cousin aramide 1,3 et 1,8 mm, livrée dans un sac de portage hyper léger ou, en option, avec le sac-sellette réversible d’ITV que nous vous conseillons. Pour ce test, j’ai retenu la 18 pour ses qualités de glisse, de pilotage et de performance. C’est aussi la plus accessible des trois tailles. ” …

Décollage
… ” Débonnaire ! Gonflage immanquable toutes catégories …
… Sans vent, en pente faible, avec ou sans les avants, aucun problème pour amener la voile au-dessus de la tête. La prise en charge est étonnamment efficace avec une allure à peine plus soutenue qu’en surface classique. Sur le tapis de Saint-Hil, à l’aube, elle décolle au même point que les autres, voire mieux ! …
… la voile monte tellement bien que l’on peut avant la fin du gonflage, la “réceptionner aux freins” et renforcer l’équilibre … ”

En vol
… ” ça va plus vite, à 44 km/h pour 91 kg de PTV. On ralentit sur peu d’amplitude avec conjointement un bon contrôle du tangage. Avec 10 cm et < 1 kg d’effort le jeu se calme pour 38 à 40 km/h et un bon filtre sur l’axe de tangage. À 20 cm et 1,5 kg d’effort, on tient du 31 km/h. Un brin de frein en permanence ne réduit la vitesse que de 2 km/h et stabilise efficacement la voile.
… Chatouiller de plus basses vitesses avec de grandes amplitudes à la commande expose à des remontrances en stabilité. Le point de décrochage est franc, net suivi d’une copieuse abattée qu’il faut impérativement gérer en douceur !
… L’utilisation de l’accélérateur, non labellisé, ajoute une dizaine de km/h avant de compromettre l’équilibre en turbulences modérées.
… L’axe de tangage est sollicité en turbulences certes mais sans générer de cabrer important en entrée d’ascendance. Les mouvements sont très limités en amplitude. La voile garde sa vitesse, son énergie et “mord” l’ascendance laissant une sensation réelle de montée immédiate un peu comme en delta, sans jouer à la balançoire parapente.
En roulis, c’est stable, pas trop amorti dans les oscillations générées la commande ou la turbulence. Un ajustage de la ventrale à 38 cm ne gêne en rien la courbe et assure une relative tranquillité. En sellette jambes séparées, l’amortissement est confortable. ”

Genre performances
… ” Là c’est étonnant. A 42 km/h avec un contact sur le bord de fuite, une Vz de 1,4 m/s moyenné traduit une finesse de 8.27 ! Bon, on arrondit pour affirmer que l’on plane à plus de 8 de finesse bras hauts en moyenne.
Des allures plus lentes n’améliorent pas vraiment les performances en planer et ne seront alors utilisées que pour un meilleur rendement en thermique. C’est vrai qu’à plus de 40 km/h en rotation on a tendance à tronçonner les ascendances. Autant se mettre tout de suite au delta ! ”

Elle tourne !
… ” Un virage exceptionnel ! C’est du parapente sans l’inertie souvent rencontrée dans les surfaces classiques. Le lacet et le roulis sont idéalement combinés sans paresse à l’initiation de la courbe et sans trop de creusement de la trajectoire lorsque l’on appuie sur la commande. On gagne aussi en amplitude. Avec 2 cm on a déjà de belles inclinaisons ! Les 5 à 10 cm suffisent en thermique pour jouer dans le petit, sans accélération importante. … Dans l’ascendance, il convient de cadencer à la commande extérieure pour optimiser la montée. Le recentrage n’est affaire que de volonté. Il suffit seulement d’y penser ! Bon j’exagère un brin mais juste le mouvement dans la sellette suffit. On choisit ensuite de remonter la main extérieure pour incliner et accélérer franchement ou appuyer un peu plus à l’intérieur pour resserrer le rayon sans accélérer. La régularité de la courbe ne se laisse pas démonter par l’air agité. L’absence de tangage important limite efficacement dérapage ou glissade.
Jouer dans le relier, sous le vent de l’ascendance, repiquer dans le thermique, enrouler dans une combe est le domaine de l’Awak. En soaring, l’agressivité de la courbe évite tout dérapage et perte d’énergie dans les demi-tours. Les ressources en fin de courbe un tant soit peu appuyées à la sellette laissent facilement la place à un freinage efficace à faible amplitude, gagnant encore plus en altitude. La pénétration face au vent en courbe permet d’aller rechercher facilement l’ascendance perdue. Les Vz en virage permettent de rivaliser facilement et souvent avec l’avantage contre des machines classiques. Rien à voir avec le speed flying ! Et avec 30 km/h de vent au décollage l’Awak vole encore ! ”

Plus loin
… ” La tendance à la vrille, on oublie ! Bien sûr en jouant avec la phase parachutale et une main en bas, peut-être que … Encore faudra-t-il trouver la phase parachutale car le décrochage est franc sans tendance à l’enfoncement progressif. ” …

Retour au sol
… ” Sur du badin, pas de problème pour trouver de la ressource. La bascule n’est pas massive avec un arrêt franc, mais plutôt genre “kiss landing” avec une appréciable aisance dans la tangente au sol. Si l’on approche en courbe, la ressource en sortie de virage s’effectue sur une longue parabole aplatie. ”

Alors ?
… ” L’Awak est un kart. Elle “colle” à la route, c’est vif, ça réagit ! Face à elle la plupart des parapentes sont des Clio diesel. On retrouve avec ITV le charme de l’Austin Mini Cooper 1600 S ou de la Lancia A112 Abarth. … C’est sport et c’est typé. Pas du tout la sensation des “envoyades” du speed flying.
… Plus performante qu’une Ultralight 19, l’Awak saura transiter efficacement avec un pilotage plus exigeant que celui de l’Ultralight 16. Elle vient un ton au-dessus de l’Ibex 15 en ce qui concerne la performance en plané. Il faudra encore un peu plus de finesse et d’amortissement pour aller titiller les grands parapentes en CFD mais en local quant tout monte vous ferez des bornes et rigolerez dans la brise !
Le plus important est la qualité du pilotage et le ressenti. Le poids de 3,5 kg et le faible volume la destinent aussi aux périples autour du globe. Et quand ça ne monte pas ni ne transite, c’est toujours plus ludique qu’un parapente classique à faire voler. ” …